Nous vous offrons ici un extrait de la Somme Hermétique tome VI Ars Brevis Volume 1 Les Feux du Ciel écrite par Solazaref ( volume édité en février 1991 N° ISBN 2 905543 17 5 aux éditions Aux Amoureux de Sciences ).
:" L'attitude intérieure typique de l'alchimiste est bien celle de lire dans la nuit des temps. Et si l'alchimiste est ainsi directement touché par le monde des symboles, il perçoit d'instinct qu'il s'agit moins d'étudier, de classer et d'élucider des notions, d'étiqueter des comportements, que de s'engager, à la suite des maîtres d'oeuvre et des imagiers d'autrefois, dans la formidable aventure intemporelle du laboratoire. Cet engagement personnel et intime renouvelle ainsi le regard intérieur, transfigurant la vision des choses. Le regard plongé par le laboratoire dans la nuit des temps crée autour des sujets d'expérience un silence attentif, au sein duquel la voix de la vocation du philosophe peut se faire entendre. Vivre la tradition populaire ne vise qu'à cela, qu'à poser cette interrogation, éternellement posée.
Le symbolime hermétique, qui ne peut se trouver ailleurs que dans les traditions rurales populaires, reste donc l'opposé d'une dialectique de la manifestation par laquelle transparaît l'analyse et non l'être. La foi s'écarte du dogme et la gnose fait triste figure : les premiers hommes n'avaient que le feu, je parle des hommes du néolithique. Par là est venu l'homme en même temps que l'incarnation de son esprit. Le feu et l'esprit sont consanguins. La vie a donné à l'homme des préhistoires, aux premiers, aux dépouillés, ce qui lui était évidemment le plus essentiel, parce qu'il était justement dans un dénuement total. Cette vie lui a montré le feu puis soudainement comme frappé de transmutation immédiate, l'homme s'est mis à peindre. Il n'a pas élaboré de dogmes : il s'est d'emblée jeté dans l'art. Le feu lui a donné sa première caractéristique qui le rendait Personne : la qualité. C'est avec la qualité qu'il a forgé son âme. L'âme a été martelée au cours du temps non pas par les doctrines, les recueils, les annales ou les mementos, mais par le feu et l'art. Et c'est à partir du moment où sont apparus les dogmes que les hommes ont mis en route la souffrance contre eux-mêmes. Alors qu'avant ils se battaient en clan mais le plus souvent individuellement pour un morceau de viande ou pour une femme- la descendance -, l'apparition des règles pour tous a amorcé les phénomènes de masse, les meurtres collectifs, les exterminations impitoyables. Pourquoi la dogmatique ne contient-elle pas de pitié ? Parce qu'elle est sans conscience, sans feu. Elle est sans conscience parce qu'elle a cherché une prise de conscience raisonnée.
à suivre...